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vendredi 10 septembre 2010
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Retraites : 55% des Français pensent que le gouvernement doit céder sur l’âge
vendredi 10 septembre

Plus d’un Français sur deux (55%) estiment que le gouvernement doit céder sur le report de l’âge légal de départ à la retraite, après la journée d’action syndicale de mardi, selon un sondage BVA diffusé ce jeudi pour Canal +.

La journée de grèves et manifestations contre le projet de réforme des retraites, qui prévoit le recul de l’âge légal de 60 à 62 ans, a été « plutôt un succès » pour les syndicats et l’opposition selon 80% des sondés, tandis que 19% y voient « plutôt un échec » (1% ne se prononce pas).

Pour une majorité de Français (62%), « il faut qu’il y ait des suites » avec d’autres journées d’action. Quelque 37% jugent en revanche qu’ « il faut s’arrêter là » (1% ne se prononce pas).

A la question de savoir si le gouvernement doit céder, après la journée de grèves de mardi, sur sa décision de repousser l’âge légal de départ, 55% des personnes interrogées répondent par l’affirmative, 43% étant d’un avis contraire (2% ne se prononcent pas).

Sondage réalisé du 7 septembre 20h00 au 8 septembre 17h00 auprès d’un échantillon de 1.012 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.

(Source AFP)

 
Comprendre la crise...
vendredi 10 septembre

Des dettes et des ânes (Insurgente)

Une histoire aussi vraie que la vie elle-même...

Un jour, on demanda à un éminent expert en Finances d’expliquer cette crise économique d’une façon simple pour que Monsieur Tout-le-Monde puisse en comprendre les causes.

Voici son explication.

Un individu se présenta un beau jour dans un village où il n’avait jamais mis les pieds auparavant et il offrit, à tous ses habitants, 100 € pour chaque âne que ceux-ci voudraient bien lui vendre.

Une bonne partie des habitants lui vendirent aussitôt leurs ânes.

Il revint le lendemain dans ce même village et offrit un prix encore plus élevé, soit 150 €, pour chaque âne, et une fois encore une grande partie des habitants lui vendirent leur âne.

Les jours suivants, il offrit 300 € et les habitants qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants.

Constatant qu’il ne restait plus un seul âne dans le village, il offrit 500 € par tête en faisant savoir qu’il passerait les acheter dans huit jours et il quitta le village.

Mais le lendemain, il envoya sur place son associé avec les ânes qu’il avait achetés dans ce même village et avec ordre de les proposer à 400 € l’unité.

Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois achetèrent ses ânes à 400 € par tête et celui qui n’avait pas assez d’argent en emprunta. Au bout du compte, les habitants du village achetèrent tous les ânes du canton.

Comme il fallait s’y attendre, cet associé disparut tout comme avait disparu son collègue et plus jamais on ne les revit.

Résultat : le village se retrouva plein d’ânes et endetté jusqu’au cou.

Telle est l’histoire que raconta cet expert en Finances.

Observons la suite des évènements.

Ceux qui avaient emprunté de l’argent ne pouvant plus revendre leurs ânes furent dans l’incapacité de rembourser leur emprunt. Et ceux qui avaient prêté l’argent vinrent se plaindre auprès de la Municipalité en expliquant que s’ils ne rentraient pas dans leurs fonds, ils seraient ruinés et que, comme ils ne pourraient plus continuer à prêter de l’argent, c’est tout le village qui connaîtrait la ruine.

Pour que les prêteurs ne se retrouvent pas en banqueroute, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour payer leurs dettes, le donna aux prêteurs. Mais ces derniers, même après avoir retrouvé une grande partie de leurs fonds, ne firent pas un trait sur les dettes des habitants du village lequel continua à être tout aussi endetté qu’avant. Le Maire dilapida le budget de la commune laquelle se retrouva également endettée. Alors il se tourna vers les autres communes et leur demanda de l’argent, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient pas l’aider parce que puisqu’elle était ruinée, elles n’étaient pas sûres de pouvoir récupérer les sommes qu’elles lui prêteraient.

Résultat :

  • Les petits malins du début de l’histoire sont pleins aux as.
  • Les prêteurs ont vu leurs gains assurés et, désormais, un tas de gens leur verseront les remboursements d’emprunts avec les intérêts et ces prêteurs auront, en outre, un titre de propriété sur des ânes désormais dévalués avec lesquels jamais les habitants du village ne parviendront à éponger la totalité de leurs dettes.
  • Beaucoup de gens sont ruinés et ont définitivement perdu leur âne.
  • La Mairie est également ruinée.

Résultat, mais est-ce le dernier ?

Pour résoudre tout ça et sauver le village, la Mairie baissa le salaire de ses fonctionnaires.

 
Ils ont exigé l’impossible, il est devenu réalité quotidienne à Marinaleda
mercredi 25 août

« Avineda de la libertad », « calle Ernesto che Guevara », « Plaza Salvador Allende », « Paz, Pan y Trabajo », « Apaga la TV, enciende tu mente », « Una Utopia hacia la Paz » etc. ce sont là les noms de rues, de places et des slogans d’un village andalou non loin de Cordoba et de Sévilla que le visiteur étranger découvre au bout d’une route sinueuse au milieu des champs d’oliviers, de blé coupé et grillé par le soleil.

L’artère principale de la petite ville de près de 3 000 habitants mène tout droit à la mairie (Ayuntamiento) dirigée par Juan Manuel Sánchez Gordillo qui a gagné toutes les élections à une large majorité et ce depuis plus de trente ans.

Juan Manuel est un homme simple qui reçoit les visiteurs dans son bureau, où trône un grand portrait d’Ernesto Che Guevara, spontanément et naturellement sans rendez-vous ni protocole aucun. Il n’hésite pas à quitter son bureau pour montrer les maisons blanches situées juste en face de la mairie et construites collectivement par les habitants eux-mêmes sur des terres offertes quasi gratuitement (15,52 euros par mois) par la commune. Celle-ci met également à leur disposition l’aide d’un architecte et d’un chef de chantier. La région, elle, apporte le gros matériel de construction. Promoteurs immobiliers, spéculateurs et autres parasites n’ont pas leur place ici. Le logement cesse ainsi d’être une marchandise et devient un droit.

Juan Manuel parle avec enthousiasme et fierté des nombreuses réalisations des habitants de sa commune, chiffres et graphiques à l’appui.

Le barman du café « La Oficina », qui se trouve un peu plus loin de la mairie, nuance quelque peu les propos du maire mais confirme, pour l’essentiel, les avancées sociales de la ville notamment l’octroi des terres pour celles et ceux qui ont besoin d’un logement, préoccupation première des espagnols. Il confirme également l’absence totale de la police, symbole de la répression étatique. En effet, les habitants n’éprouvent aucun besoin de recourir à ses « services ». Ici les problèmes de criminalité, de délinquance, de vandalisme etc. sont absents. Ils pensent gérer et régler eux-mêmes les problèmes qui peuvent éventuellement surgir entre eux. En tout cas depuis le départ à la retraite du dernier policier, ils n’ont pas jugé utile de le remplacer.

En face de « La Oficina » se dresse un bâtiment sur lequel on peut lire « Sindicato de obreros del campo » et « Casa de cultura ». Mais cette grande salle fait également office de café, bar et restaurant. C’est un lieu d’échanges, de débats, de fête et de convivialité. C’est là aussi que se retrouvent, dès l’aube, les travailleurs agricoles pour un petit déjeuner collectif avant de partir ensemble pour une journée de travail de 6h30 dans les champs d’« El Humoso » à 11 kilomètres du village.

Cette terre andalouse, travaillée collectivement aujourd’hui, est témoin d’un passé chargé de tant d’actions, d’occupations, de manifestations, de grèves, de marches et de procès devant les tribunaux. Et c’est grâce à cette lutte très dure et réellement populaire que cette terre (1 200 hectares) fut arrachée à un aristocrate de la région, le Duc de l’Infantado. Dans cette Andalousie profonde les femmes, malgré les pesanteurs sociales et les préjugés, ont joué un rôle déterminant dans ce combat pour que la terre appartienne à celles et ceux qui la travaillent.

Aujourd’hui « ces terres ne sont la propriété de personne sinon de toute la communauté de travailleurs » comme le disent les habitants du village.

Mais pour ces ouvriers, il ne s’agit pas seulement de récupérer les terres, mais aussi de construire « un projet collectif dont l’un des objectifs est la création d’emplois et la réalisation de la justice sociale ».

C’est ainsi qu’est né l’ensemble des coopératives qui produisent et distribuent une série de produits agricoles de grande qualité exigeant en même temps une main-d’œuvre abondante : huile d’olive, conserves d’artichauts, de poivrons rouges, de fèves etc. Les producteurs directs de ces richesses travaillent du lundi au samedi pour une rémunération journalière de 47 euros et ce quelque soit leur poste et leur statut. Ici il n’ y a ni patron, ni actionnaires, ni dividendes à distribuer. Le surplus dégagé est réinjecté dans l’entreprise commune dans l’espoir de créer davantage d’emplois et permettre ainsi à tout le monde de travailler conformément à leur projet collectif. Ils tentent de mettre l’économie au service de l’homme et non au service du profit. Le chômage, ici, est quasi inexistant alors qu’il dépasse les 25 % de la population active en Andalousie et 20 % dans toute l’Espagne !

A « El Humoso », les ouvrières et les ouvriers parlent avec une certaine émotion de leur coopérative, de leur travail, de leurs produits, de la solidarité et de la convivialité qui règnent entre eux. Mais, ils évoquent également leur crainte de voir leur unité se fissurer à cause de leurs ennemis qu’ils pensent nombreux dans la région voire dans toute l’Espagne. Il se dégage de leurs récits beaucoup de conviction et beaucoup d’humanité.

Manolo, un ouvrier de la coopérative, parle avec affection, comme s’il s’agissait d’une personne, de la machine à extraire de l’huile d’olive dont il s’occupe. Il n’hésite pas à expliquer son fonctionnement, l’entretien qu’elle nécessite etc. à tous les visiteurs. Il parle également avec respect de son compagnon de lutte, le maire Juan Manuel qu’il considère comme « el ultimo », le dernier, à ses yeux, de cette catégorie d’hommes capables de relever un tel défi et de confondre dans un même mouvement pensée et pratique. Manolo évoque aussi la vie d’ascète que mène l’édile du village, les arrestations et les tracasseries judiciaires qu’il a subies et l’attentat auquel il a échappé. Manolo invite avec insistance le visiteur à revenir à la coopérative au mois de décembre ou janvier pour admirer le travail d’extraction de l’huile d’olives.

Mais au village il n’ y a ni hôtel, ni hostal pour un éventuel séjour. Toutefois la municipalité met gracieusement des pavillons à la disposition des visiteurs qui peuvent également, s’ils le désirent, partager le logement de quelques habitants pour une somme symbolique comme chez Antonio dans l’avenue principale de la petite ville. Antonio accueille chaleureusement ses hôtes avec qui il aime parler de l’originalité de son village et semble heureux d’y vivre : « pour l’instant, disait-il, nous vivons en harmonie ici ».

Vivent également en « harmonie » avec les habitants du village, les travailleurs immigrés eux aussi embauchés à la coopérative d’ « El Humoso ». Selon les dires du barman du local syndical ces hommes et ces femmes font partie intégrante de la communauté des travailleurs et participent comme les autres aux décisions prises dans les assemblées générales. En effet ces fameuses assemblées se tiennent dans une grande salle attelée au local syndical où traînent à côté des chaises blanches en plastique tout sorte de vaisselle et de couverts stockés là probablement en attente d’une prochaine fête populaire. La salle est également ornée d’un immense et splendide tableau sur lequel on peut voir des hommes et des femmes en lignes serrées précédés de deux hommes et d’une femme portant un enfant dans ses bras, tous marchent vers la même direction. « Aujourd’hui à 20h30, assemblée générale au local syndical », c’est par ce message, diffusé inlassablement par une camionnette qui sillonne toutes les rues de la petite ville, que les habitants sont conviés au rassemblement pour décider de leurs affaires.

Ils organisent également ce qu’ils appellent les « dimanches rouges » où des volontaires se chargent gratuitement, entre autres, de nettoyer et d’embellir leur commune : entretien des allées et jardin publics, plantation d’arbres etc. La petite ville est non seulement l’une des plus sûre mais aussi la plus propre de la région !

Le village est relativement riche en équipements collectifs comparativement aux communes avoisinantes. Les habitants peuvent se baigner durant toute la saison estivale dans la piscine municipale pour la modique somme de trois euros. La garderie pour enfants ne leur coûte que 12 euros par mois repas compris. Le complexe sportif « Ernesto Che Guevara », bien entretenu, leur permet de pratiquer plusieurs sports comme par exemple le football, le tennis ou encore l’athlétisme.

Durant l’été, les habitants assistent régulièrement à la projection de films en plein air dans le parc naturel. Débats, conférences, films et soutien aux peuples opprimés notamment ceux qui sont injustement privés de leur territoire font partie de la vie culturelle et politique du village. Juan Manuel porte souvent d’ailleurs, ostensiblement, l’écharpe palestinienne !

Le sport, la culture, les fêtes etc. sont des droits ouverts à tous comme le travail et le logement. Le développement tant matériel qu’intellectuel de chaque individu reste, ici, la condition du développement de tous.

Allez donc à Marinaleda voir et vérifier la réalité de cette « utopie ». Allez à la rencontre de ces hommes et de ces femmes admirables qui ont réussi grâce à leur travail au jour le jour et à leurs convictions à construire , dans un océan d’injustices, de malheurs et d’asservissement, une société différente. Le capitalisme par ses crises à répétition et le danger qu’il représente pour l’homme et la nature n’a pas d’avenir. L’exemple concret et réussi de Marinaleda montre qu’une autre société est possible.

 
Xénophobie et politique du pilori
mardi 24 août

Une avalanche de discours et d’annonces provocatrices s’est abattue depuis plusieurs jours sur notre pays.

Jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, on entend des propos qui étaient jusqu’à présent l’apanage de l’extrême droite. Le président de la République, lui-même, montre du doigt des communautés et des groupes sociaux entiers, stigmatise les Roms, les Gens du voyage, les étrangers, les Français qui ne sont pas « de souche », les parents d’enfants délinquants, etc.

Ce faisant, il ne lutte en rien contre la délinquance, qui est répréhensible pour tout individu sans distinction de nationalité ou d’origine : il met délibérément en cause les principes qui fondent l’égalité républicaine, alors que déjà une crise sociale et économique d’une extrême gravité menace la cohésion de la société tout entière.

En quelques jours, les plus hautes autorités de l’Etat sont passées de l’exploitation des préjugés contre les Gens du voyage au lien, désormais proclamé, entre immigration et délinquance, puis à la remise en cause de la nationalité française dans des termes inédits depuis 1945.

Ce qui est à l’oeuvre dans cette démarche s’inscrit dans une logique de désintégration sociale porteuse de graves dangers.

 Pour le respect des principes fondamentaux

Il ne s’agit plus du débat légitime en démocratie sur la manière d’assurer la sûreté républicaine, mais bien d’une volonté de désigner comme a priori dangereuses des millions de personnes à raison de leur origine ou de leur situation sociale.

Quelle que soit la légitimité que confère l’élection, aucun responsable politique n’a reçu mandat de violer les principes les plus élémentaires sur lesquels la République s’est construite.

Parce que le seuil ainsi franchi nous inquiète pour l’avenir de tous, nous, organisations associatives, syndicales et politiques diverses mais qui avons en commun l’attachement aux principes fondamentaux de la République laïque, démocratique et sociale, rappelons avec force que l’article 1er de la Constitution « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion », et que toutes propositions qui méconnaîtraient cette règle fondatrice de la démocratie constituent une atteinte à la paix civile.

Nous n’accepterons sous aucun prétexte que le nécessaire respect de l’ordre public soit utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires.

 Syndicats, partis, associations appellent à manifester le 4 septembre

La FSPBA compte sur l’ensemble des citoyens de ce pays, pour à manifester publiquement son opposition aux stratégies de stigmatisation et de discrimination et aux logiques de « guerre » qui menacent le vivre ensemble.

A cet effet, elle propose à la signature en ligne un « Appel citoyen » refusant toute politique de la peur ou de la haine. Rejoignez le grand rassemblement citoyen à l’occasion du 140e anniversaire de la République, le samedi 4 septembre Place de la République à Paris, à 14h00, et partout en France, pour dire ensemble notre attachement à la liberté, à l’égalité et à la fraternité qui sont et qui resteront notre bien commun.

 Signataires

« AC ! Agir ensemble contre le chômage, Les Alternatifs, Les amoureux au banc public, Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association des Marocains en France (AMF), Association nationale des Gens du voyage catholiques (ANGVC), Association républicaine des anciens combattants (ARAC), ATTAC, Autremonde, Cedetim, Confédération française démocratique du travail (CFDT), Confédération générale du travail (CGT), La Confédération Paysanne, La Cimade, Le Cran, Droit au logement (DAL), Emmaüs France, Europe Ecologie, Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase), Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (FASTI), Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), Fédération SUD Education, Fédération syndicale unitaire (FSU), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), FNASAT-Gens du voyage, Fondation Copernic, France Terre d’Asile, Gauche unitaire, Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI), Les Jeunes Verts, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Ligue de l’enseignement, Marches européennes, Médecins du Monde, Le Mouvement de la Paix, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), le Parti communiste français (PCF), le Parti de Gauche, le Parti socialiste (PS), Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme (RAIDH), Réseau Education Sans Frontière (RESF), SNESUP-FSU, SOS Racisme, Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM), Union syndicale Solidaires, Les Verts. »

Signez en ligne l’appel citoyen « Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité »

 
Tout près de nous, CR CAP un exemple de gestion sociale ...
vendredi 2 juillet

« LA PYRAMYDE AIXOISE »

Le 19 avril 2010, déjà, suite aux pseudo-négociations concernant le siège aixois nous annoncions que « tout était plié » et que les salariés ne pouvaient compter que sur leur propre détermination et celles de « certains » syndicats pour entamer le « bras de force nécessaire ». Cela est aujourd’hui d’autant plus vrai que le dossier n’évolue guère dans le sens des intérêts de ces derniers qui vont devoir choisir entre « la peste ou le choléra »...« le déménagement ou la porte ».

Car en fait il s’agit bien de cela puisque le PSE ne prévoit en terme de dédommagement pour préjudice subi que les deux ans de salaire brut...

Ni plus ni moins que ce qui est proposé par la Convention Collective.

Il n’y a pas grand chose à rajouter sinon que la confrontation entre la direction et les salariés doit être plus offensive ...

La journée de grève du 24 juin au siège de CAP à Aix en Provence laissait présager cela !

Encore eut-il fallu, effectivement, que l’on ne subtilise pas la parole des salariés présents et réunis en Assemblée Générale ce jour là et qu’on les laisse vraiment s’exprimer !

Cependant, « on » invoqua qu’il y allait avoir d’autre séances de négociations en perspective... et qu’il serait encore temps de tenter de faire plier cette direction dont l’intransigeance n’a d’égale que la faculté d’endormir les négociateurs !

Nous, CGT CAP refusons cet état de chose depuis des mois...

Et nous ne cautionnons pas plus aujourd’hui qu’hier !!!

Comme nous ne cautionnons pas le discours de la direction qui voudrait nous faire croire qu’il existe deux entreprises ! Celle du siège et celle du réseau !

SALARIES DE CAP IL EST GRAND TEMPS DE PRENDRE VOTRE AVENIR EN MAIN !

Aujourd’hui plus que jamais vous avez la possibilité de nous rejoindre pour vous battre à nos côtés et vous défendre !!!

Sans engagement de votre part vous ne servirez que les intérêts de la direction et ceux de syndicats pro-patronaux...et non les vôtres !!!


Le sort des informaticiens ne sera pas meilleur, sans PSE, avec des mesures d’accompagnement proposées à ce jour par la Direction en dessous de ce que prévoit la CCNCA, sait-on jamais s’il y avait un signataire ...

Et pour ce qui concerne les possibilités de reclassements en CR, ça laisse pensif ...

Parce que leur problèmes sont aussi les nôtres, ceux de salariés sacrifiés sur l’autel des profits et de la financiarisation, la mobilisation s’impose à tous parce que ces choix ne sont pas une fatalité, des solutions existent.

Nous avons le pouvoir d’établir le rapport de force suffisant pour imposer les solutions qui existent et le Crédit Agricole a les moyens nécessaires pour les financer.

mais avons-nous la volonté de bouger ...

 
8 mars : Journée internationale de luttes et des droits des femmes
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lundi 8 mars 2010
par Ben
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Les travailleuses françaises ont imposé un modèle singulier en Europe, où elles affichent les plus hauts taux d’emploi et de fécondité. Mais à quel prix ? Elles occupent 85 % des postes à temps partiel, beaucoup travaillent aujourd’hui sans réussir à gagner leur vie. Et le patronat, aidé en cela par les mesures du gouvernement, en a fait un bataillon flexible et corvéable à merci. Sarkozy avait pourtant promis de faire voter des sanctions contre les entreprises qui ne rémunèrent pas les femmes comme les hommes et avait promis l’égalité salariale pour 2010... C’était en 2008, un 8 mars. La Journée internationale des droits des femmes a 100 ans cette année. Et le combat pour l’égalité reste plus que jamais d’actualité.

 Elles trinquent le plus.

C’est à chaque grande crise la même histoire : les femmes sont concernées au premier chef et ce sont les dernières pour lesquelles ont agit. Quand l’heure est grave, la question, éternellement subsidiaire, de leurs droits disparaît complètement. Comme s’il était de tout temps acquis, y compris pour une majorité d’entre elles, qu’il fallait d’abord traiter les « choses sérieuses ». Et même, aucune mesure ne vient ensuite corriger la suraggravation de leurs conditions de travail et de vie. Une véritable aubaine pour le patronat. « Les femmes sont »aux avant-postes du sous-emploi, de la précarité, de la flexibilité« , au point que beaucoup travaillent aujourd’hui »sans parvenir à gagner leur vie".

 Des droits en recul.

De l’autre, elles subissent de plein fouet les conséquences des reculs des services publics : on le sait, faute de places en crèche, ce sont elles qui renoncent à leur travail pour garder leurs enfants. « Sans le dire », on attaque par ce même biais de la réduction des dépenses publiques, le choix de ne pas donner la vie : avec les services hospitaliers peu rentables, les centres IVG ferment. Au point de faire de cette « liberté essentielle et reconnue, un droit à peine toléré ». En catimini encore, on « revient à la République masculine, dont on dit que, bien ou mal, elle a fait ses preuves » en imposant pour les élections régionales un scrutin uninominal à un tour qui signe la mort de la parité dans les collectivités territoriales. « Sous prétexte de se conformer à la législation européenne, dénonce aussi le collectif Droits des femmes, on leur retire des mesures de rattrapage qui visaient à compenser les inégalités, particulièrement visibles au moment de la retraite ». Et c’est un fait, le recul programmé de l’âge de la retraite sera d’autant plus violent pour les femmes qu’elles ont déjà des carrières fractionnées.

 Salaires, emploi : les plus maltraités.

Ce sont leurs droits encore que les décideurs on oubliés (ou pas) en imaginant le revenu de solidarité active (RSA), qui, dans les faits, incite les mères à rester au foyer pour augmenter les revenus du ménage. Au milieu des années 1980, c’est en réponse à la montée du chômage que le temps partiel a été encouragé Bingo : alors que celui-ci ne faisait absolument pas partie de l’histoire de la féminisation du salariat -les femmes étant rentrées massivement dans l’emploi à temps plein dès les années 1960-, 30 % d’entre elles ont aujourd’hui des emplois à temps partiel, en majorité de façon contrainte. Ou, vu autrement, elles occupent 85 % des temps partiels. C’est ensuite en 1994 que l’on a choisi d’instaurer une allocation parentale d’éducation, valant moins d’un demi-SMIC qui a entraîné, dans les 4 ans qui ont suivi une chute de 18 points du taux d’emploi des femmes concernées. Ce qui pose problème quand on sait que « la moitié d’entre elles ne retrouvent pas de travail ensuite ».

Ces attaques ne touchent évidemment pas toutes les femmes à l’identique : ce sont les plus pauvres qui morflent. Sur le marché du travail, les moins qualifiées, en particulier quand elles ont de jeunes enfants, forment le gros bataillon des précaires en temps partiel contraint, lequel ne « fait que croître avec la crise ». En raison d’une tolérance historique des « inégalités sociales de genres », la question de l’encadrement, voire de la suppression de ces temps partiels imposés, ne se pose même pas. Pourtant, au cœur de la crise, « les partenaires sociaux se sont mobilisés pour améliorer les conditions du chômage partiel, forme masculine de protection de l’emploi » et autre face du temps partiel imposé. "Les chômeuses, c’est grave, mais bien moins que les chômeurs.

 Des chiffres qui parlent

  • 7 %. Le pourcentage de femmes parmi les cadres dirigeants des 5 000 premières entreprises françaises.
  • 16 %. Le pourcentage de femmes ayant des emplois de direction dans la fonction publique d’Etat, où elles constituent 50,8 % des effectifs.
  • 38 %. La proportion de femmes chefs d’entreprise en France. Le plus haut taux de l’Union.
  • 2 205 €. C’est le salaire médian d’un médecin qui vient de soutenir son doctorat, si c’est une femme. Si c’est un homme, il s’élève à 2 980 euros, soit 26 % de plus.
  • 18,5 %. Le pourcentage de femmes députées en France. On compte 21,9 % de sénatrices.
  • 10 %. Le taux d’enfants de moins de 9 ans accueillis en crèche.
  • 8 %. Le pourcentage de femmes membres des conseils d’administration et de surveillance des entreprises. Elles en sont absentes dans plusieurs sociétés du CAC 40.
  • 80 %. La part des tâches parentales et domestiques assumée par les femmes.
  • 1 007 €. C’est la moyenne des retraites des femmes en 2004, soit 38 % de moins que celle des hommes (1 622 euros).
  • 20 %. Le taux d’écart entre l’emploi des hommes et celui des femmes lorsqu’ils deviennent parents.
  • 17 %. Le taux de mères qui passent à temps partiel au premier enfant, quand 91 % des pères ne changent rien (d’après une enquête du CEREQ).
  • 16. Le nombre de semaines légales de congé maternité en France. Il est de 28 semaines au Danemark.
  • 28 %. La proportion de femmes à temps partiel qui voudraient travailler davantage.
  • 66 %. Le taux d’heures de travail des femmes à l’échelle mondiale. Elles produisent aussi plus de la moitié des aliments, mais ne gagnent que 10 % du revenu total et possèdent moins de 2 % des terres.
  • 675 000. C’est le nombre de femmes qui auraient été victimes, ces deux dernières années, de violences au sein de leur couple ou de leur famille.
  • 47 500. C’est le nombre de faits de violences conjugales constatés par les services de police et de gendarmerie en 2007.
  • 10 %. C’est le nombre de victimes qui osent porter plainte, dont 8 % pour des violences sexuelles.
  • 156. C’est le nombre de femmes tuées par leur compagnon en 2008, contre 27 hommes la même année.
  • 47,6 % de femmes parmi les conseillers régionaux en 2004. 7 % (2 sur 26) sont présidentes des conseils régionaux, 37,3 % vice-présidentes. 87,7 %. C’est le pourcentage d’hommes dans les conseils généraux en 2008, où les élections se font au scrutin uninominal.
  • 80,7 %. C’est la proportion possible d’hommes parmi les conseillers territoriaux en 2014 avec la fin du mode de scrutin proportionnel. Un calcul de projection à partir de la réalité dans les conseils généraux.

 100 ans après le 8 mars 1910 : une histoire à connaître, un avenir à conquérir

« Exiger une totale égalité entre les sexes », droit de vote en tête, c’était le combat des femmes en 1910 et celui de la socialiste Clara Zetkin, qui a proposé de créer une Journée internationale de la femme. Or, dès l’origine, cette lutte féministe est liée à celle de la classe ouvrière. Souvent décrié aujourd’hui, le 8 mars reste un jour privilégié pour mettre en avant les droits de la femme et, en s’appuyant sur les batailles gagnées, continuer à se battre pour l’égalité.

 Clara Zetkin : c’est la lutte pour le droit de vote.

Les origines de la Journée internationale des femmes ont fait l’objet de débats entre historiennes. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à lier cette date symbolique aux luttes ouvrières et féministes. Au moment où nous marquons le centième anniversaire de la Journée internationale des femmes, nous nous interrogeons : quelle est l’originalité de cette histoire ? Qu’ont gagné les femmes à cette journée ? En quoi nous est-elle utile aujourd’hui ? Pour répondre à ces questions, replaçons-nous dans le contexte de 1910. Les femmes socialistes, avec à leur tête Clara Zetkin, font partie intégrante du mouvement révolutionnaire en lutte pour une transformation radicale de la société.

Dans la plupart des pays européens, les hommes viennent d’obtenir le droit de vote pour tous : « Ce droit n’est lié ni aux biens que l’on possède, ni au montant des impôts que l’on paie, ni au niveau de culture qu’on a acquis, ni à d’autres conditions permettant d’exclure le peuple travailleur de la jouissance de ce droit ».

Ce suffrage n’a d’universel que le nom. En effet, les femmes en sont exclues. Les femmes socialistes considèrent cette exclusion comme « une insulte faite aux principes d’égalité des droits politiques ». Cette injustice amènera Clara Zetkin à proposer une « journée internationale des femmes », une journée de lutte pour l’obtention du droit de vote pour toutes : "En liaison avec les organisations de classe, dans leur pays respectif, il revient aux femmes de notre planète de mettre sur pied, chaque année, une journée des femmes dont le premier objectif doit être l’obtention pour elles du droit de vote. Cette journée doit montrer qu’elle a un caractère international et exiger une totale égalité entre les sexes...

 Clara Zetkin : c’est la lutte pour l’égalité.

Clara Zetkin ne s’en tient pas là. Dans son journal, « l’Egalité », elle dénonce les terribles conditions de travail des étameuses de miroirs qui étaient empoisonnées au mercure et accouchaient d’enfants mort-nés ; celles des travailleuses d’une filature de jute aux salaires dérisoires. Lors de la Conférence internationale à Copenhague, les déléguées discutent de la durée du temps de travail. Elles revendiquent alors la journée de 8 heures pour toutes les travailleuses de plus de 18 ans. La modernité de Clara Zetkin est de poser, dans le même mouvement, la question de la citoyenneté et celle de l’égalité. Dès 1911, le 19 mars, un million de femmes et d’hommes répondent à son appel et participent à des rassemblements en Allemagne, en Autriche, au Danemark. En France, les historiennes relèvent la date du 5 juillet 1914 comme une grande manifestation à Paris pour le suffrage des femmes.

 Le 8 mars : pour la paix et les droits.

Dans cette période, de nombreuses grèves sont déclenchées par les ouvrières du textile, en Europe comme aux Etats-Unis. La journée internationale doit beaucoup à l’intervention de ces travailleuses qui ont su se rendre visibles dans l’espace public. L’originalité du 8 mars est de traduire en actions, une analyse de classe croisée d’une analyse féministe. Lancée lors d’une rencontre internationale, cette journée prend immédiatement de l’ampleur dans de nombreux pays.

Le contexte de la Première Guerre mondiale va lui donner un sens nouveau. Les tisseuses russes manifestent dans les rues de Saint-Péterbourg pour obtenir « du pain et la paix », le 23 février 1917 dans le calendrier russe, qui correspond à notre 8 mars. En 1921, Lénine décrète cette date « journée des droits des femmes ». Dès 1924, la Chine participe aussi à cette journée.

La question du droit de vote des femmes se pose partout en Europe. Les Allemandes l’obtiendront en novembre 1918. En France, en 1919, l’Assemblée nationale se prononce en faveur de ce droit, qui sera refusé à six reprises par le Sénat. Il faudra la grande détermination des femmes et des forces progressistes pour arracher ce droit en 1944.

 L’ONU décrète.

En 1960, beaucoup de choses changent dans la vie des femmes. Elle prennent de plus en plus leur place dans la société. En célébrant le cinquantième anniversaire du 8 mars, elles revendiquent des droits égaux à ceux des hommes et, de façon nouvelle, « une responsabilité égale dans les destinées du monde ». Cette volonté sera entendue par les Nations unies qui décrètent 1975, « Année internationale des femmes ». Le thème retenu, « Rien ne peut être obtenu sans l’intervention des femmes elles-mêmes », indique un tournant. Les femmes prennent conscience de leur force. Les mouvements féministes des années 1970 y contribuent pleinement. En 1977, l’ONU officialise la Journée internationale des femmes. La France le fera en 1982.

Le 8 mars est un rendez-vous incontournable. Pour celles qui veulent transformer leur société et le monde, il est un jour privilégié de vigilance et d’action, un jour où, au même moment, des dizaines de millions de femmes sur la planète se parlent, s’organisent en réseaux, réfléchissent à leur émancipation, cherchent à transmettre leurs expériences, à comprendre cette histoire commune dans la diversité des situations. Il s’agit d’une histoire et de lutte contre la domination masculine. Nous avons à affronter aujourd’hui une arrogance nouvelle des exploiteurs, des oppresseurs, des machistes, des masculinistes.

 Louise MICHEL : féministe et révolutionnaire

La passionnara.

Louise MICHEL est une des grandes figures de la Commune et du mouvement ouvrier français. Elle fut une combattante inlassable de l’injustice sociale et de l’émancipation féminine. Victor Hugo lui a dédié un poème,Viro Major (plus grande qu’un homme !). Verlaine voyait en elle « l’ange gardien du pauvre ». Séverine (la première femme journaliste) admirait « Louise de la misère et de la miséricorde, vibrante comme la révolte ». Georges Clemenceau saluait « une chrétienne des premiers jours ». Mais si Louise MICHEL vivait aujourd’hui, nul doute qu’elle nous inciterait à brûler les banques...

La révoltée de toujours.

La bâtarde est venue au monde le 29 mai 1830, dans le château délabré d’un petit village de Haute-Marne. Où à-t-elle puisé la force extraordinaire de se révolter pour défendre les travailleurs, lutter contre les injustices faites aux femmes, s’élever contre le colonialisme et, sans hésiter, sauver le monde ? Mariane, sa mère, servante soumise, même pas capable de dire quel châtelain l’a engrossée (le père ou le fils ?), ne veut pas que sa fille pique une colère quand elle voit les pauvres mourir de faim, car « ça fait pleurer le bon Dieu ». Et lorsqu’à vingt ans, Louise, jeune fille romantique et royaliste, écrit à Victor Hugo, elle lui dit qu’elle « s’est donnée à Dieu pour toujours ». Alors ? Où a-t-elle été chercher « l’anarchie communiste qui de toutes parts est à l’horizon » ?

Féministe et révolutionnaire.

Le vieux châtelain lui a fait lire très jeune les philosophes des Lumières. Lui et sa femme (grand-mère Demahis, dite Louise) lui ont donné une éducation de demoiselle libre-penseuse et ont laissé libre cours à son insatiable curiosité. Elle galope comme « un cheval échappé » et prend des rages contre les tortures infligées aux bêtes ; Elle fera de cette terrible émotion le cœur de son engagement : ne jamais se plier à la raison du plus fort. Se marier ? Au diable les prétendants que lui propose sa famille, elle ne va tout de même pas se laisser mettre en cage. « Comme toutes les femmes, je plaçais mon rête très haut », écrit-elle.

Louise devient une institutrice passionnée. Féministe dans l’âme, elle veut absolument que les filles aient une aussi bonne éducation que les garçons, elle veut tout leur enseigner : les mathématiques, le théâtre, les sciences naturelles et même l’éducation sexuelle ! Alors qu’à l’époque on leur apprenait surtout les travaux d’aiguille et le catéchisme. « Si l’égalité entre les deux sexes était reconnue, ce serait une fameuse brèche dans la bêtise humaine », affirme-t-elle. Elle ouvre une école à Montmartre, à Paris. Là, s’agite tout un monde de révoltés : républicains, anarchistes, socialistes de toutes tendances. Elle se radicalise, prend la parole dans les meetings, enflamme les foules.

La communarde indomptable.

Lorsu’au matin du 18 mars 1871 le peuple de Paris se soulève, elle est au premier rang des rebelles, émerveillée par cette « aube splendide de délivrance ». Pendant les jours de la Commune, où le peuple a pris le pouvoir, elle ne touche plus terre : « C’est dans la Révolution que battent nos ailes » ! s’écrie-t-elle. Mais, très vite, les Versaillais attaquent Paris : elle s’empare d’une carabine Remington et fait le coup de feu, souvent vêtue d’un uniforme de garde national, grimpant à l’assaut des barricades, au mépris du danger -sans oublier un chaton ou de soigner les blessés. La Commune écrasée, elle est condamnée à la déportation dans une enceinte fortifiée. C’est lors de son procès qu’elle devient vraiment célèbre : elle réclame la mort et défie ses juges- tous des hommes, impressionnés par le regard de feu de cette indomptable.

Une combattante flamboyante.

Que les ouvriers fassent la grève générale et viennent à bout de leurs patrons qui les pressent comme des citrons ! Posons des bombes contre les tyrans (elle-même ne le fera pourtant pas), cela fera place nette pour un avenir radieux. « Allons, allons, l’art pour tous, la science pour tous, le pain pour tous ! Levez-vous, les grands chasseurs d’étoiles ! » Elle, la généreuse, la consolante, la charitable, « la Sainte laïque », n’hésite pas à appeler à la lutte finale : « A travers des fleuves de sang, voici venir la délivrance ! ». Son combat flamboyant pour la dignité des malheureux provoque admiration extrême ou horreur indignée, Ardente prophétesse, femme au verbe haut, elle fait la une des journaux. Quand elle meurt d’épuisement, le 9 janvier 1905, son enterrement est suivi par une foule de cent mille personnes.

Louise MICHEL, l’éternelle révolutionnaire, qui peut mieux qu’elle symboliser le 8 mars comme la lutte des femmes pour l’égalité des droits ?

 

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